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Incendies de l'été 2026 : ce que l'ACPR attend des assureurs

25 000 sinistres, près de 500 millions d'euros : l'ACPR tire les premiers enseignements des incendies de l'été et rappelle que le tarif ne suffit pas.

Publié le 18 octobre 2026 · 3 min de lecture

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a publié le 14 septembre 2026 ses premières observations sur la gestion des incendies de l'été par les assureurs. Ses services ont suivi de près les principaux organismes concernés, pour mesurer les conséquences en sinistralité et en gestion des opérations, puis pour repérer les difficultés à moyen terme. L'autorité présente ces enseignements comme préliminaires.

Un coût limité pour le secteur, un bilan très supérieur à 2022

Le premier bilan de France Assureurs, publié le 28 août, recense environ 25 000 sinistres pour les incendies survenus depuis le 21 juillet en Gironde, dans les Landes et dans le Var, pour un coût estimé à près de 500 millions d'euros. Environ 21 000 sinistres concernent les biens des particuliers, frais de relogement compris. Près de 3 000 touchent des professionnels et des collectivités, dont plus de 1 800 dossiers de pertes d'exploitation évalués à près de 30 millions d'euros, le plus souvent sans dommage matériel direct. La fédération rappelle que les incendies de l'été 2022 avaient causé environ 2 000 sinistres pour quelque 80 millions d'euros.

L'ACPR rapporte cette charge à celle de l'ensemble de l'assurance non-vie : 136 milliards d'euros de sinistres bruts en 2025. Elle conclut que l'événement n'est pas de nature à fragiliser un secteur bien capitalisé.

La gestion des sinistres à l'épreuve

L'autorité décrit une mobilisation rapide. Les principaux acteurs ont activé des dispositifs de gestion dédiés dès les premiers jours, en réallouant leurs ressources et en centralisant le traitement, pour répondre à plusieurs dizaines de milliers de demandes d'assistance simultanées. Les délais de déclaration ont été prolongés jusqu'au 31 août, et les frais de relogement des personnes évacuées de leur résidence principale pris en charge jusqu'à trois semaines.

La suite s'annonce plus longue. La première expertise intervient en moyenne une dizaine de jours après l'ouverture du dossier, mais la gestion complète des dossiers les plus complexes s'étalera sur des semaines, voire des mois. Plusieurs organismes ont recouru à l'expertise à distance, à l'indemnisation sur justificatifs sous certains seuils et au versement accéléré d'acomptes.

L'ACPR signale deux points d'attention. Le premier tient à l'application de certaines clauses, en particulier les seuils et conditions des garanties pertes d'exploitation, ce qui renvoie à l'information des assurés sur leurs garanties tout au long de la vie du contrat. Le second tient à la capacité du secteur du bâtiment à absorber un afflux de travaux, qui pourrait allonger les délais de devis et de remise en état.

Le tarif, une réponse insuffisante

Le passage le plus net du communiqué porte sur le moyen terme. La plupart de ces incendies sont d'origine humaine et ne relèvent pas de la garantie catastrophe naturelle, mais les conditions météorologiques ont favorisé leur propagation. L'autorité y voit l'emprise croissante des risques de durabilité sur toutes les branches. Elle relève aussi que la majorité des massifs forestiers touchés n'était pas assurée. Elle écrit que l'augmentation des tarifs ne peut constituer la seule réponse du secteur et appelle à un effort de prévention à court terme, puis d'adaptation des assurés et des territoires.

Ce message prolonge l'étude publiée par l'ACPR le 23 juillet 2026, qui encourageait la géolocalisation fine des biens assurés et constatait que les plans de prévention restaient peu pris en compte dans la tarification des contrats de particuliers.

Ce que cela change pour les directions

Pour les directions des sinistres, l'été 2026 a servi de test de capacité : réallocation des équipes, expertise à distance, indemnisation sur justificatifs sous certains seuils, acomptes, puis suivi des dossiers lourds sur plusieurs mois. Pour les directions techniques et actuarielles, la question porte sur la segmentation des périls, les zoniers et la place de la prévention dans le tarif. Les directions de la conformité et de la distribution sont concernées par l'information sur les garanties de pertes d'exploitation, que l'autorité désigne comme une source possible de réclamations. Les directions des risques, enfin, disposent avec l'ORSA du support que l'ACPR privilégie pour porter la sinistralité climatique devant les instances de gouvernance.